L’avenir de CMAS Europe : La délégation fédérale française était représentée par Jean Louis Blanchard, Francis Merlo et Frédéric Di Méglio. Notre trésorier Jean Louis Dindinaud nous accompagnait au titre de vérificateur aux comptes de la CMAS. Le vendredi 20 mai eut lieu en fin de matinée, la réunion de CMAS Europe. Celle-ci a débouché sur la décision de convier une AG élective pour octobre afin de procéder au remplacement du président John Remue démissionnaire pour raisons personnelles. Cette AG CMAS Europe se passerait sur Paris, c’est son vice président Jean Louis Blanchard qui fera l’intérim de cette présidence. Une vingtaine de fédérations sont concernées. Il fut mis en exergue aussi que les statuts actuels de CMAS Europe totalement copiés sur les actuels de CMAS Mondial sont un frein au fonctionnement. Quelle est la viabilité de CMAS Europe ? Son rôle dans l’ EUF? Et l’on voit bien qu’il est important que les fédérations européennes puissent s’associer, la plupart en sont convaincues, afin de mieux défendre la plongée et les activités subaquatiques sportives au sein de l’Europe, dans l’idée et dans l’éthique qui les unit au sein de la Confédération mondiale.
Le grand théâtre de la CMAS Monde : Toute la journée du samedi 21 mai a vu ensuite se dérouler l’AG mondiale de la CMAS. Le grand théâtre commence par le traditionnel enregistrement des mandats qui prendra presque deux heures. Difficile de comprendre en terme d’efficience pourquoi l’ouverture de l’AG ne se fait pas le vendredi en soirée afin de permettre à ce moment là, la nomination officielle des scrutateurs au sein de l’AG et donc l’enregistrement des fédérations et de leurs délégués, pour permettre de démarrer le samedi d’emblée par les débats ?
Le Président Achille Ferrero présente son rapport, en préambule il rappelle la mémoire de trois anciens de la CMAS disparus dans l’année écoulée. Karl Heinz Kerll qui a permis la reconnaissance officielle de la CMAS par le CIO en 1985. Christian Ide, président CMAS de 1991 à 1993. Francis Imbert, notre ancien président FFESSM, membre du conseil d’administration de la CMAS de 1994 à 2001. L’accent est mis ensuite sur les difficultés en 2010 avec les organisations gouvernementales qui n’ont pas assuré leurs engagements pour les championnats sportifs CMAS qui étaient programmés en Colombie pour l’été à venir. Plusieurs fédérations dont l’Italie et la France mettent en exergue que le bureau directeur CMAS a beaucoup tardé et tergiversé avant d’annuler le projet (ce ne fut que le 1er février dernier) alors que de nombreux signes forts étaient au rouge depuis longtemps pour cette organisation de Jeux Sportifs en Colombie. Heureusement que les commissions sportives internationales laissées longtemps dans l’expectative ont réussi à suppléer cette maladresse du pouvoir exécutif, en trouvant chacune des solutions de rechanges individuelles au dernier moment. Soulignons vivement que les Fédérations nationales ont par contrecoup été aussi très embarrassées par cette attente interminable avec des conséquences financières et sportives pour elles, en donnant de plus une très mauvaise image de l’efficacité de la Confédération mondiale à leur Ministère des sports respectifs. En résumé, si la CMAS n’est pas coupable de cet échec des Jeux, elle est responsable de son entêtement.
Autre dossier habituel dans les errements de la CMAS, comme chaque année il est noté que de nombreuses fédérations ne jouent pas le jeu. Exemple, sur 130 affiliations au comité technique, 45 organisations n’ont pas délivré de cartes de brevets et 15 moins de 200 cartes. Éternelle ritournelle. En résumant presque 50% des organisations affiliées ne délivrent pas ou quasi pas de cartes de brevets ou de licences sportives. S’affilier, c’est voter certes, mais à la CMAS ce n’est pas obligatoirement participer à la vraie vie confédérale. C’est un réel obstacle à la bonne marche de la CMAS, soulignait le Président. On le sait depuis longtemps. Alors, il ne suffit pas de le dire, il faut agir… et pour cela il faut changer les statuts, mais c’est comme l’arlésienne que l’on attend depuis très longtemps. Combien de projets avortés en dix ans … Ceci nécessite un courage politique que l’on espère depuis longtemps du conseil d’administration et du Président de la CMAS. On vient de nous promettre à Rome que l’exécutif s’y engageait pour d’ici la fin de l’année. En novembre, des propositions détaillées de statuts seraient en théorie proposées aux fédérations. Le futur de la CMAS passe par une vraie refonte, le système a plus de 50 ans et n’est vraiment plus adapté, et ceci en particulier dans les comités technique et scientifique. Heureusement la bonne gestion financière suite à la remise en ordre par le nouveau Trésorier Général CMAS Alain Germain, depuis 2009, a permis de redresser la barre. Le bilan actuel est positif et les dettes en voie d’apurement. Souvenons-nous en 2009, la CMAS exsangue était en quasi cessation de paiement. En fin de son rapport, Alain Germain sera d’ailleurs longuement applaudi par l’assemblée. Quand les débats aborderont le développement du site internet réalisé par le Vice Président de la CMAS, s’il faut reconnaître qu’il y a des progrès par rapport à l’ancien, force est de constater qu’il importe d’améliorer la communication interne au niveau de la CMAS. Ainsi le site actuel web ne fonctionne qu’en anglais, il doit impérativement y avoir une traduction linguistique en français et en espagnol. Le français langue officielle de la CMAS, n’est-il pas ? Nous verrons bien si cette priorité de traduction sera appliquée dans les faits ...
Les travaux des trois comités : Pour le comité Scientifique, un état des lieux montre que ce comité est plus que moribond depuis plusieurs années. Une catastrophe. Quasi aucune activité réelle depuis 10 ans, un fonctionnement international de ses commissions scientifiques quasi inexistant, voire nulle. Là aussi, la conclusion est bien qu’il faut tout repenser, le système, la structuration et les activités. La CMAS à ce jour n’a aucun programme sur la protection de l’environnement et le développement durable. Pour le comité Sportif, comme toujours c’est bien la Nage avec palmes qui reste la commission la plus structurée. Une discussion sur l’avenir olympique fut à nouveau mise sur la table. Cela fait plus de 20 ans que cela est évoqué en vain, l’on se souviendra des essais infructueux avant les JO d’Athènes. Une longue liste des freins « internes » à la CMAS montre que ce concept de l’olympisme n’est pas prêt d’aboutir dans nos activités. Soyons clairs, comme l’a évoqué le Président de la CMAS, les réalités de terrain de la CMAS ne cadrent pas avec les exigences de l’olympisme mondial. Plusieurs fédérations dont la notre demandent pour l’avenir que les présidents de commissions sportives puissent être présents lors des AG CMAS afin de mieux présenter leurs disciplines. Côté comité Technique, les choses semblaient mieux réglées. Les divers travaux furent explicités, l’on espère pour un futur proche la finalisation du rédactionnel du nouveau format standard CMAS en trois langues. Comme de coutume, le bilan montre que la France a acheté près de 40% des cartes brevets CMAS pour l’année écoulée, étant ainsi de très loin le principal bailleur de fonds de la Confédération . Sans commentaires.
La France et la Tour de Babel : Cette AG se terminera par contre sur une note très amère pour la France. Une fois n’est pas coutume dans ce décor de la CMAS, la FFESSM avait eu la volonté de préparer en avance le projet totalement finalisé pour l’AG CMAS élective de avril 2013. Projet pour lequel l’AG précédente avait mandaté notre Fédération pour une réalisation sur Marseille, laquelle serait à cette date capitale européenne de la culture. C’est votre Secrétaire Général qui se chargea de ce travail les mois passés et de cette explication de texte. Pour une fois qu’un projet totalement finalisé arrivait à l’AG CMAS deux avant... c’était peut-être cela l’erreur. De nombreuses fédérations semblaient très heureuses de cette prospective et du projet. Mais quelques rares personnes exprimèrent leur total désaccord sur le montant des tarifs proposés. Et les solutions adaptatives évoquées ne semblèrent pas satisfaire ces mêmes personnes. Une demande fut proposée au conseil d’administration par la délégation française et reprise élégamment aussi par la Belgique pour que l’on réduise d’une journée la semaine complète de cette future grande AG élective sur Marseille. Solution élégante qui aurait permis de rentrer dans une fourchette de prix plus satisfaisante pour des fédérations ayant des difficultés financières. Aucune réponse de la part des Président, Secrétaire et Vice Président CMAS, mutisme incompréhensible en première approche... Ceci entraîna alors une prise de parole logique de Jean Louis Blanchard qui au vu des réticences, déclara retirer la candidature française sur ce projet. Avec humour, nous pourrions dire que si lors du début de l’AG nous avions entendu à juste titre Achille Ferrero se plaindre du non respect des engagements de la part d’organisations gouvernementales, lors de cette conclusion la France aurait bien à se plaindre du non essai de consensualisme de la part de la direction CMAS. La politique internationale a certainement des intentions, des circonvolutions et des détours, où la position de la France peut gêner. La Tour de Babel de la CMAS n’a pas fini de nous étonner.
Le bureau directeur CMAS
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